Les Chefs d’établissement, ces Super Héros méconnus

Les Chefs d’établissement, ces Super Héros méconnus
Les Chefs d’établissement, ces Super Héros méconnus

Tout le monde connaît le mercato des footballeurs. Mais il est un mercato qui se déroule en bas de chez vous, qui suscite tout autant de questionnements, de frilosité, d’impatience, au sein de nombreuses équipes… Je veux parler du mercato des chefs d’établissement. Profitons donc de cette période de rentrée, où je serai accueillie en lycée par plusieurs nouvelles têtes, pour brosser le portrait de ces super héros méconnus.

Pour commencer, peut-être le savez-vous, les Régions ont en charge les lycées (pour faire simple, tout dans les lycées, à l’exception de la pédagogie et de celles et ceux qui la transmettent, les enseignants!). Et pour garantir que les moyens de la Région sont utilisés à bon escient, dans chaque Conseil d’Administration ont leur place deux élu-e-s… Avec plus de 450 lycées publics et privés, 106 élus de la majorité qui y siègent officiellement à deux… cela fait un nombre conséquent de lycée par élu.

Il est donc des personnages que tout élu assidu en Conseil d’Administration est fréquemment amené à croiser : les chefs d’établissement, ou les proviseur-e-s, deux noms pour une même mission.

Avant de s’adresser à lui, il faut savoir que le chef d’établissement parle une autre langue… Le jargon de l’Education Nationale. DBM[1], DGH[2], TSA[3], HSA[4], le PAI[5] qui est différent du PAP attention[6] ! , les RUPN… Ca ne vous parle pas ? Eh bien lui, si. Ces termes à l’exotisme ministériel certain sont la garantie de moments de solitude en Conseil d’Administration pour le proviseur ; et lorsqu’il se rend compte, face à l’abyme des regards de la communauté pédagogique face à lui, qu’il va devoir décliner l’acronyme du terme en question, une angoisse terrible le saisit. « Mais que peut bien vouloir dire RUPN[7] ?! »

***

Petite galerie de rôles -bien évidemment fictifs et romancés !- que peuvent jouer tour à tour les chefs d’établissement, selon leur humeur, l’humeur de l’Education Nationale, l’état de la chaudière, les nouvelles du jour… Et chacun-e selon leur manière de gérer leurs super-pouvoirs, bien sûr.

Il y a le chef d’établissement qui se la joue politique, usant de sa Présidence de CA comme d’un perchoir à l’Assemblée. Tout est politique, à croire que Ségolène Royal serait y-compris responsable des trous dus au gel sur le trottoir devant l’établissement. Ces CA sont alors l’occasion de vibrants discours, d’envolées lyriques, qui ne manquent pas de donner un certain panache à nos missions respectives. Les parents d’élèves ? Des victimes de l’impitoyable Région qui ne connaît pas la dure réalité des familles… Les enseignants ? Des personnels pour qui il se dévoue, à l’écouter il serait prêt à aller s’enchaîner devant le Rectorat pour réclamer un dédoublement de classes ! Et dont il attend un dévouement aussi important : « Un pour tous, tous pour un ».

Il y a le proviseur bon père de famille, fier de ses équipes, monarque en son royaume. Il vous accueille comme si vous arriviez à Versailles, pantalon au pli impeccable, jamais sans cravate, contemple sa cour de récré comme s’il contemplait l’étendue de ses fiefs, ayant la force tranquille, et vous donne du « Madame la Conseillère Régionale, veuillez prendre place dans notre modeste assemblée » lorsque vous arrivez en retard au CA. Lorsqu’il parle d’un collègue partant en retraite, qu’il s’agisse d’un personnel d’entretien ou de son adjoint, l’élégance de son discours lui fait brosser un portrait à la Victor Hugo du camarade sur le départ.

Il détonne un peu avec le chef d’établissement « à la coule », jean, chaussures orange et lunettes branchées. Lui ne dit pas « oui » mais « yes » ou « OK dac’ », ponctue le passage des délibérations de  clins d’oeil, y va de sa petite blague personnelle à chacun des membres du CA, et sa galanterie au charme suranné fait glouglouter les parentes d’élèves, les dames de l’administration… et, parfois, votre Conseillère Régionale 😊

Enfin, le chef d’établissement un jour de pas de chance, où il doit jongler entre la chaudière en panne, la journée à thème « Halloween » qui a dégénéré en bataille de faux sang sur les murs, la visite de la rectrice qui prend du retard, le tout sous la menace d’une manifestation de parents d’élèves… Il faut avoir une sacrée dose de calme en cas cas-là pour rester pro, et sous le sourire Colgate qu’il affiche se cache parfois un petit rictus lorsque, quand vous lui adressez la parole, la peur d’un caprice d’élue incongru ou d’une bombe régionale imprévue le saisit. L’Education Nationale devrait avoir des « Brigades d’Intervention Massages Relaxants », ou un « Compte Personnel Stage de Yoga » pour ces jours-là.

***

Mais, quel que soit leur style des grands jours, je ne connais aucun chef d’établissement qui n’incarne pas une forme de dévouement à son établissement, à ses élèves, à ses équipes. Leur confiance profonde en l’éducation nationale force souvent l’admiration. Sur le pont H24, parfois appelés en plein milieu de CA pour aller chercher tel élève au commissariat ou colmater une fuite à l’internat une veille d’examen, c’est un métier auquel le terme d’engagement est loin d’être étranger.

Alors, en cette rentrée, un grand bravo messieurs-dames les chefs d’établissement !

[1] Décision Budgétaire Modificative

[2] Dotation Globale Horaire

[3] Trouble Spécifique de l’Apprentissage

[4] Heures Supplémentaires Année

[5] Projet d’Accueil Individualisé

[6] Projet d’Accompagnement Personnalisé, coordonné par le médecin scolaire.

[7] Référent.e.s pour les Ressources et Usages Pédagogiques du Numérique, mis en place dans l’Académie de Poitiers.

 

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