Prise de parole Léonore Moncond’huy #BassinesNonMerci

Prise de parole Léonore Moncond’huy #BassinesNonMerci
Prise de parole Léonore Moncond’huy #BassinesNonMerci

Prise de parole à l’occasion de la mobilisation à Smarves et aux Roches Prémarie, le 17 juin 2018, à l’appel du collectif  #BassinesNonMerci.

Bonjour à toutes et à tous,

J’espère -mais je suis confiante !- que la manifestation d’aujourd’hui sera le bouquet final de notre très belle mobilisation contre les projets de bassines.

Les raisons pour soutenir une évolution de nos modes de gestion de l‘eau, à l’occasion de notre opposition à ces « Grands Projets Inutiles » que sont les bassines, sont multiples.

Mais un impératif doit contenir tous les autres. A été remis la semaine dernière au Président de Nouvelle-Aquitaine et à notre Vice-Présidente Françoise Coutant le rapport Acclimaterra : un rapport fruit du travail de plus de 240 chercheurs, qui vise à éclairer scientifiquement le dérèglement climatique et ses effets dans notre Région. Nous disposons désormais d’indicateurs précis, étayés, sur les effets que nous devons attendre du dérèglement climatique dans notre Région, dans la Vienne, à Smarves et aux Roches Prémaries.

Les chapitres sont aussi nombreux que les domaines qui seront affectés par le dérèglement climatique. Pour l’eau, les constats sont sans appel, quelques exemples très généraux :

  • Fréquence accrue d’événements extrêmes, comme les orages de ces dernières semaines, mais surtout des étiages plus sévères et plus longs ; diminution des précipitations annuelles et modification du régime de précipitations sur l’année, avec un fort impact des diminutions sur l’hiver ;
  • Pour les eaux de surface : Augmentation des températures ; Augmentation de l’évapotranspiration, en particulier l’été; de -20 à -5 0% des débits des rivières (le débit moyen du Clain et de la Vienne aurait diminué de presque moitié en 50 ans)…
  • La qualité de l’eau, les menaces sur la biodiversité, sont bien sûr en lien direct avec ces problématiques.

Notre Région ex-Poitou-Charentes est aux premières loges de ce changement, puisque 73% de notre territoire est couvert par des surfaces agricoles (contre 50% au niveau national) pour des cultures proportionnellement plus dépendantes de l’irrigation. Mais aussi, parce-que nous sommes particulièrement en retard dans l’adaptation de notre gouvernance de l’eau pour faire face à ces enjeux. Alors que l’Adour, la Garonne, ont déjà structuré des stratégies à échelle 2050, nous en sommes encore à produire des schémas qui ne prennent la problématique de l’eau que par le petit bout de la lorgnette, celui de la quantité, ou de l’eau potable uniquement, etc.

C’est désormais cet état des lieux climatique, et les préconisations qui en découlent, qui doivent… « irriguer », si j’ose dire, nos choix politiques.

Dans ce contexte, ces projets de bassines apparaissent comme un peu « old school », voire carrément dépassés ! Face à une ressource qui se raréfie, aller pomper toujours plus, toujours plus loin, pour une portion infime de la population, ressemble à une fuite en avant… L’attitude écologiste consiste d’une part à trouver des solutions alternatives pour s’adapter au dérèglement climatique, mais aussi à aller vers une sobriété dans nos usages, réduire notre consommation. Et il serait irresponsable envers les jeunes générations d’agir autrement.

Face à cette pression croissante sur les besoins en eau, qui ne fait que commencer, le rapport indique qu’il faut repenser radicalement nos modes de gouvernance de l’eau, vers un mix hydrique équilibré. Parmi les principes partagés :

  • Privilégier les solutions les moins coûteuses environnementalement et socialement. Par exemple, avant de construire des grands projets dédiés au stockage, ou des systèmes techniques très lourds, consacrons nos moyens à « restaurer les conditions d’alimentation naturelle et équilibrée des systèmes hydriques ». Les nappes ne se fragilisent pas que sous l’effet du climat ! Mais aussi sous l’effet de la bétonisation, de l’assèchement des ressources humides, etc, qui rendent l’eau moins facilement disponible.
  • Considérer l’eau comme une ressource unique, finie, en intégrant dans nos modèles les interdépendances entre les eaux superficielles et souterraines ; les interdépendances temporelles (saisons, interannuel …) ; les interdépendances territoriales entre l’amont et l’aval…
  • Une nécessaire solidarité entre les territoires, mais aussi une solidarité entre les usages (agriculture, énergie, eau potable… Oui, eau potable, car on sait que lorsque la température augmente de 1°, la consommation d’eau dite « de confort » augmente de 1,6% !), une solidarité qui doit se manifester par une gouvernance solide et indépendante, pleinement dédiée à l’intérêt général.

 

La solidarité, ce principe qui doit nous guider à l’avenir, se reflète en tout cas aujourd’hui. Nous pouvons être fiers, une fois encore, de la belle solidarité entre acteurs : agriculteurs, citoyens, associations de tous secteurs, élus…

Lundi prochain, le Conseil Régional votera son règlement d’intervention sur l’eau. La délibération telle qu’elle est présentée ne permettra pas le financement régional des projets de Bassines : c’est une victoire ! Une victoire qui témoigne de l’importance d’avoir aux responsabilités des élus accordant une priorité à l‘impératif écologique. Je salue à ce titre la mobilisation des maires de Smarves et des Roches Prémarie, qui ont eu le courage de s’opposer à ces projets – il est parfois plus difficile d’affirmer une opposition à l’échelle locale qu’à grande échelle… Mais, au-delà d’une victoire d’élus, ce sera surtout notre victoire à toutes et à tous, car dans la balance, je peux vous assurer que c’est la mobilisation collective qui a pesé.

Nous pouvons nous applaudir !

Léonore Moncond’huy

 

 

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