« On pourrait inventer quelque chose où l’on fait à la fois de l’éducation populaire – ce que les partis politiques ne font plus -, et où l’on crée de la pensée, du projet »

Une fois n’est pas coutume, je sors de mon « Pas de côté » uniquement régional, pour partager cet entretien où David Cormand revient sur la place de l’écologie dans l’élection présidentielle, dans les législatives à venir, et dans le paysage politique.
Des mots très justes, une analyse en laquelle je me retrouve pleinement, qui reconnaît aussi la complexité de la fracture entre « les citoyens » et « les politiques ». Des citoyens…

…des citoyens qui en appellent à plus de participation citoyenne, mais plébiscitent les partis au fonctionnement préhistorique ou soumis à un leader charismatique hyper-prépondérant : « L’enseignement de cette présidentielle 2017, c’est que parmi les quatre candidats en tête au premier tour, trois n’ont pas de parti. Le FN est un parti croupion au service de la dynastie Le Pen. En marche ! est un mouvement au service de Macron. Et la France Insoumise est un collectif autour de Jean-Luc Mélenchon. Donc on a aujourd’hui le choix entre les vieux partis et des formules extrêmement verticales. À leurs têtes, il y a quelques personnes qui décident, et cela descend directement à une base qui, en gros, suit le mouvement et participe en faisant campagne sur les réseaux sociaux. Comment réinventer l’engagement et la participation militante sans retomber dans les vieux appareils et sans acter ces nouveaux fonctionnements verticaux ? »

… des citoyens pris dans un système électoral qui incite à l’égo surdimensionné « c’est la malédiction de la Ve République : il n’y a qu’un seul nom sur le bulletin de vote… C’est cela qui a bloqué. Ni Benoît Hamon, ni Jean-Luc Mélenchon n’entendaient s’effacer devant l’autre » (tiens à ce propos! Un petit tour sur la page Avenir Collectif? LE projet poitevin qui hacke le système uninominal pour en faire une candidature collective!) et qui fait des élections et des partis la base du financement de la vie politique en démocratie (contrairement à ce que disent certains, l’argent public est un gage d’égalité et d’indépendance pour les partis et leurs candidats!).

…des citoyens qui opposent militantisme associatif et politique, comme si toute bonne volonté politique était suspicieuse. Et l’écologie qui se réinvente encore dans tout ça :
« Les ONG, les collectifs type Les jours heureux, les associations, les Zad. On ne leur parle pas assez. Et ils rejettent la politique alors qu’il en font autant que nous, voir davantage. Ils disent qu’ils ne s’adressent pas au candidats mais aux citoyens. On est comme le soleil et la lune, on n’arrive jamais à se croiser. Sauf qu’à un moment, il faut peser en cherchant a ouvrir un débouché politique qui passe aussi par un rapport de force électoral.
« Les écolos ont toujours été novateurs sur comment faire de la politique autrement. […] On pourrait inventer quelque chose où l’on fait à la fois de l’éducation populaire – ce que les partis politiques ne font plus -, et où l’on crée de la pensée, du projet. […] Et puis, le boulot que l’on a trop délaissé, c’est la relation avec le mouvement social écolo. »

Enfin, malgré tout, sans découragement, un appel à une politique apaisée : l’attention à ne pas négliger « les enseignements les plus basiques de l’écosophie : il faut certes assumer les conflictualités qui existent dans la société, pointer les intérêts qui divergent, mais il faut chercher à les dépasser par le compromis davantage que par le fracas. Je ne pense pas qu’il soit souhaitable de contribuer à la brutalisation du débat. Au contraire […] « il n’y a pas une personne qui a les solutions, mais on va faire ensemble » « . Et des pistes pour « faire ensemble », il y en a!
A court terme : un appel au rapprochement entre les sensibilités politiques de gauche.
A long terme, une réconciliation entre les sphères militantes : « Il faudrait que l’on soit meilleurs, qu’on arrive à démontrer que l’engagement sur le terrain n’est pas contradictoire avec l’engagement politique. Pour cela il faut changer nos pratiques, faire du travail sur le fond plus que sur les aspects électoralistes. […] De plus, en France, il y a une tradition de séparation entre l’engagement syndical et partisan. Ce réflexe là a débordé sur l’associatif. Je pense que c’est une erreur. Nous devons tout refonder, et apprendre de nos échecs comme de nos réussites respectives ».

Léonore Moncond’huy

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